Nocturne – épisode 4 : Sabotage – II

Léara

La vache ! Si c’était la première fois qu’il faisait un cunnilingus de sa vie, alors il avait un talent inné pour ça… Je n’étais pas très discrète non plus, et il eut tôt fait de comprendre que mes râles et mouvements de bassin étaient de bons indices de ce qui me plaisait. Je l’avais cru déterminé à me faire jouir, mais il s’arrêta juste avant. Et, vu le regard victorieux qu’il me lança en se redressant, il savait très bien ce qu’il faisait… Le fumier !

Il libéra sa verge et, comme la dernière fois dans la forêt, décolla mes pieds de terre pour me mettre à sa hauteur. Il glissa en moi sans le moindre heurt et entreprit de finir ce qu’il avait si cruellement interrompu. Je ne m’aperçus pas tout de suite que chaque coup de reins m’emmenait plus haut, pas juste au figuré, mais au propre : ses ailes étaient déployées dans son dos, frappant l’air de battements majestueux qui nous avaient portés plusieurs pieds au-dessus du sol. L’effet fut instantané, et je jouis dans ses bras.

Plus tard, je me demandai si c’était quelque chose que les anges faisaient — s’envoler en baisant — sous le coup d’une émotion forte, ou bien s’il avait juste voulu m’impressionner, m’intimider. Nous étions étendus, ou plutôt échoués l’un à côté de l’autre sur un matelas sans drap, posé à même le sol. Transpirants et essoufflés ; comblés physiquement, mais avec cette tension qui demeurait entre nous. Je l’avais mis en rogne, et il avait essayé de se venger par le sexe. Et moi, je l’avais laissé faire, pour le prix d’un orgasme. J’avais envie de me lever et de me barrer de là, mais, à la place, je dis :

« J’espère que ce lit n’a pas de punaises !

— T’as le chic pour casser l’ambiance, toi ! »

Je tournai enfin la tête vers lui. Ses yeux fuyaient les miens. Bêtement, je me mis à mater son corps ; les poils qui obscurcissaient son torse musclé, ses longs doigts aux ongles bien coupés, la ligne blanche en travers de son aile droite…

« Qu’est-ce que tu crois qu’il va nous arriver ?

— Comment ça ?

— Toi, moi. Ceci, précisai-je en nous désignant l’un et l’autre, puis la situation. Tu sais que ça ne peut pas durer. On va finir par se lasser de devoir sans cesse se cacher… de devoir se retrouver dans des lieux improbables et pas toujours confortables.

— Je suis encore très loin d’être lassé, crois-moi. »

Cette phrase, qui aurait dû me rassurer, me déprima encore plus. Je repris ma contemplation du plafond, d’où pendouillait une ampoule nue.

« Tu penses qu’il y a eu d’autres cas avant nous ? Un démon avec un ange ?

— Sans doute…

— Je n’en ai jamais entendu parler.

— Ils ont dû garder le secret, comme nous.

— Comment ça s’est fini pour eux, tu crois ? »

Il haussa les épaules.

« Ils ont eu une belle liaison passionnée, puis leurs chemins se sont séparés, et ils n’en ont jamais reparlé à quiconque.

— Ou alors, contrai-je sombrement, ils se sont fait prendre et ont été exécutés. La vraie raison de leur mort a été dissimulée pour ne pas donner d’idées aux autres. »

Micka roula sur le ventre et poussa un profond soupir avant d’enfouir son visage dans ses mains. Quand il se redressa, ce fut pour me regarder.

« Où est passé ton espoir que tu ne peux pas perdre ? »

Je laissai échapper un petit rire.

« Aucune idée. On dirait qu’il s’est fait la malle. Je fais le yoyo, ces temps-ci… »

Il ne répondit rien. Il se contenta d’écarter tendrement de mon front une mèche collée par la sueur, et je me perdis dans ses yeux, tentant en vain d’y lire ce qu’il pensait.

***

Mickaël

En rentrant chez moi, je pris une douche extra longue et me frottai tout le corps avec un savon parfumé. L’aura des démons n’était pas exactement une odeur, mais le cerveau tendait à mêler les deux perceptions. Il était donc possible, dans une certaine mesure, de brouiller les pistes en saturant l’odorat. De toute façon, je ne pouvais pas faire grand-chose de plus dans le peu de temps dont je disposais. Dona avait obtenu l’autorisation de sortir de l’hôpital à 16 heures et, vu son état, physique comme mental, je tenais à être présent.

Quand j’arrivai à sa chambre, il était en train de s’habiller, et il me salua avec un petit sourire tendu. C’était déjà une amélioration. Alors qu’il allait chercher ses sandales, je remarquai qu’il boitait légèrement. Là où il avait été brûlé — soit 40 pour cent de son corps, à divers degrés —, la peau s’était régénérée, mais elle gardait un aspect neuf et sensible. Il n’aurait pas de cicatrice en tant que telle, mais cela prendrait des mois, voire des années, avant que disparaisse le contraste entre sa peau hâlée de Blanc et la nouvelle, pâle et rose comme une peau de bébé. Il avait eu un tatouage qui lui recouvrait toute l’épaule et le haut du bras droits. Il n’en subsistait que des bribes, comme les mystérieux vestiges d’une peinture dans une ruine antique.

Ses cheveux avaient été rasés. Ils repousseraient probablement, mais, vu la grande ligne blanche qui barrait mon aile brune, ils perdraient peut-être leur pigmentation.

« Je crois que je suis censé te véhiculer jusqu’à la sortie, dis-je en avisant le fauteuil roulant dans un coin de la pièce. C’est à peu près aussi loin d’ici aux portes que de l’hôpital à chez toi ! »

Il ne réagit pas à ma plaisanterie, mais ne protesta pas non plus. Lorsqu’il eut rassemblé ses affaires, il s’assit dans la chaise, et ses ailes, du gris rosé d’une tourterelle, vinrent se rabattre de part et d’autre des poignées. J’agrippai celles-ci fermement et entamai le long trajet vers l’extérieur.

Le jour même de ma sortie d’hôpital, après la greffe de mon aile, Dona m’avait traîné au gym pour reprendre l’exercice. Je supposais que je lui devais le même dévouement. Or, je devais reconnaître que je manquais d’enthousiasme. Ces derniers temps, afin de passer plus de temps avec Léara, j’avais relâché mon entraînement, me contentant du minimum chez moi. En plus de ça, Dona lui-même n’avait pas l’air motivé — par quoi que ce soit, à vrai dire —, et je n’avais pas vraiment hâte de devoir le forcer, de me heurter à sa mauvaise volonté jour après jour.

« Aide-moi à me lever », dit-il, une fois que nous fûmes arrivés aux portes d’entrée automatiques.

C’était paradoxal : s’il avait besoin d’assistance pour se mettre debout, peut-être était-il plus sage qu’il reste assis et me laisse le pousser jusqu’à chez lui. Mais je n’avais pas envie de débattre — et, au pire, j’étais de taille à le porter. Je lui tendis un bras, qu’il utilisa pour se hisser. J’ouvris la bouche pour demander :

« Quand est-ce que tu serais prêt à commencer la rééducation ? »

Il avait parlé au même moment et, par conséquent, je n’avais rien entendu. Il se pencha un peu plus vers moi, et il aurait pu sembler qu’il allait m’embrasser, si ce n’était le mélange d’inquiétude et de dégoût qui se lisait sur son visage.

« Quoi ?

— Tu pues le démon, vieux ! »

J’eus la sensation qu’un bloc de glace me tombait dans les tripes. Il avait senti Léara.

« T’as fait la patrouille de jour ?

— Non », répondis-je par réflexe, avant de me mordre la langue.

C’était de loin l’explication la plus commode ; j’aurais peut-être dû m’en saisir. En revanche, c’était aussi très facile à vérifier et, quand il découvrirait que j’avais menti à un sujet aussi trivial, il se poserait encore plus de questions. Ironiquement, il ne me crut pas.

« Pourquoi est-ce que tu mens ? insista-t-il en plissant les yeux. C’est clair que t’as pas fermé l’œil depuis plus de 24 heures ! »

Incapable de soutenir un instant de plus son regard scrutateur et sa proximité, je reculai d’un pas. Pour me donner quelque chose à faire, j’entrepris de plier la chaise roulante et de la ranger.

« Écoute, je veux pas parler de ça ici », dis-je finalement.

Je pris la direction de son studio, avant de me rappeler qu’il ne pouvait pas aller aussi vite que moi, et de ralentir pour le laisser me rattraper. Nous parcourûmes la courte distance en silence. Arrivé devant sa porte, il batailla un instant avec ses clés. Il paraissait fatigué, ou souffrant.

« Tu sais que tu peux tout me dire, Micka. »

Quelque chose se pinça dans ma poitrine. J’aurais aimé que ce soit vrai, mais il n’avait aucune idée de ce dont il parlait.

« Je vais entrer quelques minutes, OK ? » offris-je pour toute réponse.

Son appartement était très différent du mien. C’était une garçonnière typique ; un seul espace ouvert, à l’exception de la salle de bain, des meubles rectangulaires en cuir noir et une vitrine remplie de figurines de personnages de BD.

« Putain ! Mais parle-moi, Micka ! Qu’est-ce qui se passe, bordel ? »

Je mis mes mains sur ses épaules.

« Relaxe. Assieds-toi, je vais te chercher à boire. Tu veux que je te prépare quelque chose, du thé ou autre ?

— Non… Si tu pouvais juste démarrer la cafetière, s’il te plaît ? » répondit-il plus calmement, en frottant son crâne chauve.

Heureusement, il avait une machine à filtres, et je me souvenais comment m’en servir. Peut-être que je devrais lui donner la mienne ; il en aurait plus d’usage.

J’ouvris le réfrigérateur et repérai une bouteille d’eau gazeuse. Mais, quand je la goûtai, elle avait perdu ses bulles. Je remplis un verre au robinet et, en attendant que le café soit prêt, le portai à Dona. Il n’avait toujours pas lâché l’affaire.

« Tu trafiques avec les démons, c’est ça ?

— Hein ? » m’exclamai-je en me laissant tomber à côté de lui.

Puis je me souvins de ne pas avoir l’air trop étonné, au cas où je pourrais utiliser son hypothèse pour masquer la réalité.

« Qu’est-ce qui te fait penser ça ?

— Malgré ton air zombi, tu dégages une sacrée énergie et… comme une sorte d’euphorie. Qu’est-ce que tu prends ? »

Je secouai la tête.

« Je t’en voudrais pas, ajouta-t-il presque aussitôt, avec toute cette merde qu’on se coltine… »

Une partie de moi se réjouissait de retrouver le Donatien bavard, qui n’attendait pas mes réponses et parlait volontiers à ma place. Mais prendre des substances illicites, quand on était dans la milice, était un crime grave, et je ne pouvais rendre Dona complice d’un tel acte — même fictif.

« Je ne prends rien, parole d’honneur. Il y a une autre explication à tous les… phénomènes étranges que tu as observés. Et, pour l’instant, je ne peux pas t’en parler. Je suis navré. Ça pourrait mettre des personnes auxquelles je tiens en danger… toi y compris.

— Micka, Micka, Micka… Dans quel pétrin t’es-tu encore mis ?

— Si ça peut te rassurer, c’est rien d’aussi mauvais que ce que tu imaginais.

— S’il y a des démons dans le coup, ça peut pas être bon. »

Je me levai. Je n’avais pas envie de prolonger la conversation.

« Je vais y aller. Le café sera prêt dans quelques minutes. Ton frigo est vide ; tu devrais te faire livrer quelque chose à manger.

— Ouais…, dit-il en s’étirant vers l’arrière. Tu crois je pourrais me faire livrer une fille en même temps ? »

Normalement, une remarque pareille m’aurait fait lever les yeux au ciel ; mais j’étais trop content de retrouver le Dona que je connaissais.

« À la bonne heure ! » murmurai-je en quittant son appartement.

***

Hiéronymus

Une longue suite de marches en pierre, groupées autour de vastes paliers, menait à la porte d’entrée du patron. Un perron conçu pour des gaillards aux jambes solides — ou aux pouvoirs suffisants pour y suppléer !

Malgré mon statut, je n’étais pas un habitué des lieux. Le patron préférait me rencontrer aux Neuf Cercles ou, encore mieux, communiquer ses ordres via la myriade de gadgets technologiques que notre ère avait inventés. En arrivant à la porte, au lieu de sonner immédiatement, je pris quelques secondes pour observer la vue.

De ma position, je surplombais une étendue vallonnée recouverte d’un gazon impeccable, parsemé ça et là de buissons et de bouquets de fleurs taillés au millimètre. Une haie de hauts cyprès dissimulait la grille qui entourait le domaine. Dans le style anglais, on ne faisait pas beaucoup mieux, mais l’ensemble manquait de caractère à mon goût. Tout était trop parfait et domestiqué… à l’exception de la fontaine, ornée d’une gargouille hideuse. Elle serait la première à partir si je mettais un jour la main sur cette demeure.

Je soupirai et me retournai vers la porte. Un jour… Un démon moyen, que je reconnus comme le majordome, vint m’ouvrir. Il me salua presque obséquieusement, avant de présenter ses deux mains. Je me rappelais ce que cela signifiait, et lui remis docilement mon casque et mon flingue. Il les fit passer sur un seul bras, puis leva un sourcil, tendant toujours la deuxième main.

« Les lames aussi, je vous prie. »

Avec un sourire en coin, je sortis le couteau suisse de ma poche et le lui lançai, le laissant se débrouiller pour l’attraper. Je n’avais jamais compris cette manie des puissants de s’entourer de serviteurs. Pour moi, c’était un risque, aussi dangereux qu’inutile. Les démons inférieurs s’achetaient trop facilement ; c’était abriter des espions et des traîtres sous son propre toit. Quant aux démons supérieurs, ils ne pouvaient éprouver que de l’aigreur à l’idée d’accomplir des tâches de valet. Et je ne croyais pas au juste milieu.

Le majordome me conduisit à travers un dédale de couloirs jusqu’au « bureau » du maître, une pièce à la fois pompeuse et austère qu’il me démangea instantanément de redécorer. Le patron fumait un cigare, affalé dans son fauteuil, les pieds sur le bureau — une antiquité ou bien une belle imitation : je devais avouer que celui-là me plaisait. Immobile contre le mur, entre la table de billard et le minibar, se tenait Balthazar.

Je les saluai tous les deux d’une petite courbette humoristique ; Balt m’ignora, mais le patron me fit signe d’avancer. Le majordome repartit avec mes armes, refermant la porte derrière lui. Pendant quelques secondes, mes doigts se crispèrent, et un léger malaise me parcourut. Je n’aimais pas me sentir vulnérable.

« Jerry ! » s’exclama le patron, en tapant du plat de la main sur la table.

Je détestais qu’il m’appelle ainsi.

« Tu bois quelque chose ? Balt, sers-lui un verre. »

Je me tournai lentement vers l’autre démon, laissant flotter un sourire sur mes lèvres.

« Merci. Je prendrai un Manhattan.

— Je suis pas un putain de barman », rétorqua Balt sans bouger.

Mes yeux allèrent de lui au patron, et j’attendis. Le patron n’allait pas revenir sur son ordre juste pour épargner la fierté de son inférieur, et je savais celui-ci incapable de désobéir.

Finalement, avec des gestes brusques, il sortit la première bouteille de rye qu’il trouva et, sans mesurer, en versa dans un verre. Quand il y ajouta du vermouth — sec —, j’eus un malin plaisir à protester :

« Hé, je l’ai pas demandé sec…

— Ta gueule », me coupa-t-il.

Mais je jubilais trop de le voir prendre la peine de finir le cocktail par une giclée de Fernet. Il posa bruyamment le verre sur le comptoir. Il avait pris un verre à whiskey plutôt qu’une coupe, et une nouvelle fantaisie me traversa l’esprit.

« Peux-tu me mettre quelques glaçons là-dedans ?

— Fais-le toi-même. »

Je haussai les épaules et trempai les lèvres dans le breuvage. Pour un Manhattan, c’était médiocre, mais niveau alcool, ça ferait l’affaire.

« Jerry, reprit le patron, je t’ai convoqué ici parce que j’attends une livraison importante ce soir. J’irai la recevoir en personne, et tu m’accompagneras avec Balt et Nigel. »

Je sifflai ma surprise.

« Vous allez jouer au convoyeur ? Ça doit être important en diable, ouais ! »

Cette fois, ni Balt ni le patron ne daignèrent réagir.

Balt et Nigel étaient les deux lieutenants du patron, qui lui servaient également à l’occasion de gardes du corps. Balt était un imbécile, mais un imbécile puissant. Un démon supérieur avec une mentalité de laquais — autrement dit, la perle rare. Je savais qu’il donnerait sa vie pour celle du patron — alors que ce dernier lui demandait de me servir des cocktails — quel foutu con ! Mais c’était cette même connerie qui le rendait incroyablement dangereux.

Nigel était en quelque sorte le personnage inverse : un filou qui s’était hissé jusqu’à son rang à coups d’intrigue et de ruse, et dont les véritables pouvoirs n’étaient pas la hauteur de ses ambitions. Sa loyauté était à toute épreuve, car seule la protection du patron lui garantissait cette place qu’il ne méritait pas. Son intelligence, mais aussi sa capacité à feindre et à manipuler, étaient redoutables — mais, au moins, je pouvais le vaincre en combat singulier.

Quant à moi, j’avais hérité ma position actuelle à la mort de mon supérieur direct, à peine plus d’un an plus tôt. Il avait été retrouvé chez lui, égorgé comme un porc. Au début, j’avais fait mine de rechercher le coupable. Mais, rapidement, la perspective de sacrifier un innocent pour l’exemple m’apparut contre-productive.

Beaucoup de démons puissants estimaient que nous devions, en tant que classe, nous protéger collectivement de la masse inférieure. Dans leur vision du monde, j’étais l’équivalent, et donc l’allié, de mon prédécesseur ; la même canaille qui l’avait tué me menaçait désormais. Or, leur action m’avait clairement bénéficié. Je comprenais au contraire que tous ceux qui se trouvaient au-dessus de moi étaient autant d’obstacles entre moi et le pouvoir ; que mes égaux et inférieurs immédiats étaient mes rivaux et même mes ennemis ; enfin, que mes alliés ne pouvaient être que ceux qui n’avaient aucune prétention à prendre ma place.

« Alors, où est-ce qu’on va ? tentai-je encore.

— Pas de question, aboya Balt. Contente-toi de nous suivre avec ta moto. On part dans une demi-heure. »

Ils avaient bien prévu leur coup : j’étais pris en otage. Malheureusement pour eux, le majordome n’avait pas songé à prendre mon cellulaire… juste mes armes. On était en 2017 ; il y avait d’autres moyens de détruire quelqu’un que la seule force physique.

***

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Nocturne – épisode 4 : Sabotage – III

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